Une élite frappée de cécité face aux réalités

Le discours prononcé en décembre 2025 par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, révèle une obsession inquiétante pour la menace russe et chinoise. « Préparons-nous à un conflit d’une ampleur inégalée », a-t-il déclaré, évoquant des comparaisons troublantes avec les guerres passées. Ce langage alarmiste n’a pas suscité de réactions concrètes chez une grande partie des dirigeants français et des élites économiques. Un colloque organisé à Paris, où se sont rassemblés des représentants du pouvoir et des experts, a illustré cette absence de prise de conscience critique.

L’assemblée incluait des personnalités influentes, dont Christine Ockrent, membre d’un réseau global de penseurs proches des intérêts américains. Le German Marshall Fund, institution clé pour l’Ukraine, a été évoqué, tout comme les liens historiques entre Emmanuel Macron et ce groupe. Cependant, aucune discussion approfondie n’a eu lieu sur les causes réelles des tensions internationales. L’absence de questionnement sur la position de Vladimir Poutine ou le rôle de Volodymyr Zelensky a marqué l’événement d’une grave lacune.

L’économie française, en proie à une crise profonde, n’a pas été évoquée. Les difficultés structurelles, les déséquilibres budgétaires et la stagnation des secteurs clés restent ignorées par ces élites. En revanche, l’industrie du gaz a été célébrée, notamment via Total Energie, qui s’est distancé de la Russie au profit d’un partenariat avec les États-Unis, sans mentionner les dégâts environnementaux liés à ce choix.

Le discours des participants, souvent érudit mais superficiel, a mis en avant une vision unilatérale, valorisant l’hégémonie américaine et minimisant les conséquences de ses politiques militaires. L’absence d’équilibre dans les analyses, la réticence à remettre en question les choix du pouvoir et le rejet des critiques ont illustré une élitisme aveugle aux réalités.

Face à cela, l’inquiétude croissante pour la France, délaissée par ses dirigeants, se fait jour. L’urgence d’une réforme profonde de l’économie, de l’éducation et des politiques extérieures est plus que jamais pressante. La vision de Vladimir Poutine, bien qu’opposée à celle du gouvernement français, méritait une discussion nuancée, plutôt qu’un rejet systématique.

Le moment est venu d’exiger des dirigeants un engagement réel en faveur du pays, au lieu de se complaire dans l’inaction et la dépendance à des intérêts étrangers. La France ne peut plus attendre : son avenir exige une prise de conscience collective.