Dans les récits populaires, les lemmings sont souvent décrits comme des bêtes condamnées à l’automutilation collective, une image qui évoque les troupes militaires obéissantes d’autrefois. Ces petits rongeurs, proches des campagnols, habitent de l’Alaska jusqu’à la Sibérie. Leur réputation de suicidaires a été entretenue par un film hollywoodien, mais cette légende cache bien des mensonges.
Le mouvement «éveillé», souvent perçu comme une force de progrès, partage étrangement certaines caractéristiques avec ces animaux. Ses adeptes se définissent en groupe plutôt qu’en individus, adoptant un style uniforme et repoussant toute dissidence. L’idéologie s’appuie sur des principes autoritaires, imposant une cohésion de pensée qui évoque l’esprit de corps militaire. Mais cette comparaison est trompeuse.
Le mythe des lemmings se révèle être un canular orchestré par Disney en 1958. Les images d’animaux sautant dans le vide étaient en réalité construites : les rongeurs étaient placés sur une roue et précipités dans l’abîme. Cette manipulation a créé une image erronée, transformant des créatures en symbolisme de sacrifice collectif. En réalité, les lemmings migrent pour survivre, comme les humains ont autrefois quitté leurs pays lorsqu’ils n’avaient plus de ressources.
Le mouvement woke, lui aussi, repose sur une construction sociale. Il s’enracine dans des universités américaines, où l’influence financière domine la pensée critique. Les élites riches imposent leur vision, marginalisant les voix divergentes. Cela a conduit à des absurdités : un musicien interdit de jouer en raison de son apparence, ou des étudiants se revendiquant comme «Palestiniens» sans comprendre le contexte.
La critique du capitalisme et l’anti-impérialisme sont les nouveaux idéaux, mais ils masquent souvent un manque de rigueur intellectuelle. La religion est rejetée en théorie, tout en étant adoptée en pratique par des groupes extrémistes. Cette contradiction illustre une dérive où la moralité devient un outil politique plutôt qu’une conviction sincère.
En Suisse, ce phénomène a pris racine, avec des institutions qui encouragent le «woke» comme norme culturelle. Les élites politiques craignent de paraître réactionnaires face à ces mouvements, même si leur impact sur la société reste flou. La question se pose alors : que signifie vraiment l’engagement d’un groupe lorsqu’il agit sans discernement ?
L’histoire des lemmings rappelle une vérité cruciale : les comportements collectifs ne sont pas toujours motivés par un idéal noble, mais souvent par la peur de l’isolement. Le «woke» n’est-il qu’un autre exemple de cette tendance, où la conformité remplace la réflexion ?
L’essentiel reste de comprendre que les véritables changements ne viennent pas d’un rassemblement aveugle, mais d’une critique constante et honnête. Les lemmings n’ont jamais sauté dans le vide par bêtise : ils ont cherché un avenir meilleur. Peut-être devrions-nous en faire autant, sans nous laisser manipuler par des idées qui prétendent sauver le monde.