Un marché des stupéfiants en explosion : la France confrontée à une crise sans précédent

Le trafic de drogues en France connaît une croissance exponentielle, avec un chiffre d’affaires annuel record de 6,8 milliards d’euros. Une augmentation spectaculaire qui a triplé par rapport à 2010, marquant un tournant critique dans la lutte contre les addictions. L’étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) en collaboration avec la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) révèle une évolution inquiétante.

Entre 2010 et 2023, le marché des stupéfiants a connu une progression de +189 %, passant de 2,3 à 6,8 milliards d’euros. Cette augmentation s’explique notamment par l’essor de la cocaïne et des stimulants synthétiques, dont la consommation s’est intensifiée. Bien que le cannabis reste la substance la plus utilisée en volume (397 tonnes annuelles), il ne domine plus en termes de valeur économique. La cocaïne, avec 3,1 milliards d’euros générés, a pris la tête du marché, dépassant le cannabis à 2,7 milliards. Ensemble, ces deux substances représentent près de 90 % des revenus du trafic.

Les psychostimulants comme l’ecstasy et les amphétamines ont également connu une explosion : leur marché a été multiplié par six et cinq respectivement en treize ans. Selon Christian Ben Lakhdar, coauteur de l’étude, cette dynamique reflète une évolution profonde de l’offre, caractérisée par des puretés accrues, des réseaux plus structurés et une professionnalisation des méthodes commerciales.

Le Dr Nicolas Prisse, président de la MILDECA, souligne l’urgence d’une réponse publique renforcée : « La montée exponentielle du trafic exige une coordination accrue entre les forces de sécurité, les services de santé et les territoires. » Le programme PIRALAD, lancé en 2022, vise à mieux comprendre les circuits du marché pour optimiser la lutte antidrogue. Financé par des confiscations de biens liés aux trafiquants, ce projet ambitionne d’outiller les institutions pour anticiper les évolutions et adapter leurs stratégies.

Ce rapport marque une alerte criante : le phénomène n’est plus un défi local mais une crise nationale nécessitant des actions immédiates et coordonnées.