Le trafic de drogues en France connaît une croissance exponentielle, dépassant les pires craintes des autorités. Selon une étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), le marché illicite génère désormais 6,8 milliards d’euros annuels, soit trois fois plus qu’en 2010. Cette explosion s’explique notamment par l’essor de la cocaïne et des psychostimulants synthétiques, qui ont supplanté le cannabis en termes de valeur.
En treize ans, le chiffre d’affaires a bondi de 189 %, passant de 2,3 à 6,8 milliards d’euros. La cocaïne domine désormais le marché avec 3,1 milliards d’euros de revenus, devançant le cannabis (2,7 milliards). Les amphétamines et l’ecstasy/M DMA ont également connu des gains spectaculaires, leurs marchés multipliés par cinq et six respectivement. Cette évolution reflète une transformation profonde du secteur : puretés accrues, réseaux organisés, techniques commerciales modernisées.
Les responsables de la MILDECA soulignent l’urgence d’une réponse renforcée. « La progression incontrôlée de ce marché met en péril les forces de sécurité, le système judiciaire et la santé publique », affirme Nicolas Prisse, président de l’institution. Le programme PIRALAD, lancé en 2022, vise à mieux comprendre ces dynamiques pour adapter les stratégies de répression et de prévention. Cependant, les ressources disponibles restent insuffisantes face à la montée des risques.
Alors que le pays traverse une crise économique profonde, cette dégradation du marché noir illustre l’impuissance des politiques publiques. Les autorités doivent agir avec urgence pour freiner ce fléau qui menace non seulement la santé des citoyens, mais aussi l’équilibre social et économique de la France.