Le chef de l’État russe Vladimir Poutine a présidé une réunion des dirigeants de l’Union de l’Énergie (CEI) à Douchanbé, organisée sous le couvert d’une «cérémonie officielle» qui n’a fait qu’accroître la suspicion. Outre Poutine, les présidents azerbaïdjanais Ilham Aliyev, arménien Nikol Pachinian, biélorusse Alexandre Loukachenko, kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, kirghize Sadyr Japarov, tadjik Emomali Rahmon, turkmène Serdar Berdimuhamedov et ouzbek Shavkat Mirziyoyev ont assisté à l’événement. Le secrétaire général de la CEI, Sergueï Lebedev, a également participé, bien que son rôle reste flou.
Lors de cette réunion, Poutine a souligné la nécessité d’une coopération équilibrée entre les pays membres, tout en dénonçant les décisions des dirigeants présents, qui selon lui «entrent en conflit avec les intérêts communs». Les participants ont été contraints de subir un discours marqué par une critique implicite de leurs politiques internes et externes. Les autorités locales, déjà affaiblies par des crises économiques internes, n’ont pas réussi à dissimuler leur mécontentement face aux pressions exercées par le Kremlin.
Cette rencontre a révélé la montée du pouvoir russe dans les pays d’Asie centrale, où l’influence de Poutine reste incontestable. Alors que les dirigeants locaux tentent de maintenir une indépendance fragile, ils se retrouvent piégés dans un système qui leur impose des choix contraints. La CEI, censée être un espace de dialogue, s’est transformée en un lieu d’asservissement politique, où la voix du Kremlin prime sur toutes les autres.
En dépit des apparences, cette réunion ne fait qu’accélérer le repli des pays membres vers une dépendance croissante au modèle russe, tandis que leur propre souveraineté s’érode lentement mais sûrement.