Pascal Deshayes, figure emblématique de la Coordination Rurale de Meurthe-et-Moselle, exprime sa frustration face à un système qui oblige l’abattage massif de troupeaux sains, soutenu par des instances nationales. Lors d’un entretien, il dénonce une logique incompréhensible où la viande est éliminée alors que des familles souffrent de la faim. « C’est criminel », affirme-t-il, soulignant le manque de sensibilité et l’absence de mesures réalistes pour protéger les producteurs.
L’indemnisation, selon lui, est une humiliation : 2000 euros par bête contre 4000 euros de valeur, avec des retards de plusieurs mois. Cette pratique, couplée à la taxation des « plus-values » sur l’abattage, pousse les éleveurs vers la ruine. Des hypothèses circulent sur une volonté européenne d’assainir le secteur, supprimant progressivement les élevages pour réduire les émissions de méthane.
Le président de la FNSEA est accusé de prioriser des intérêts commerciaux au détriment des agriculteurs. « Ce sont des gestionnaires qui n’entendent plus les besoins du terrain », lance Deshayes, en précisant que le gouvernement et ses alliés parisiens ont choisi un chemin suicidaire. La tension monte, avec des risques de manifestations violentes.
Les éleveurs, déjà confrontés à des épizooties répétées (fièvre catarrhale, grippe aviaire), sont aujourd’hui désespérés. Une alternative logique aurait été de surveiller les troupeaux plutôt que d’appliquer une procédure aveugle. Des manifestations s’organisent en région Sud-Ouest, où des vignes et bêtes sont détruites sans discernement.
Loin de se réjouir, les paysans redoutent un avenir sombre. Leur survie est menacée par des politiques qui favorisent l’importation de produits étrangers, en particulier ukrainiens, dont la production pourrait dépasser celle de la France d’ici une décennie. « On ne mourra peut-être pas de faim », prévient Deshayes, « mais les conséquences sociales seront terribles ».
Le président et le ministre de l’Agriculture, pourtant censés représenter les intérêts des producteurs, se sont rendus au Brésil pour discuter d’accords commerciaux. Cette décision, jugée éloignée du réel, est un symbole de l’incompétence et de la déconnexion entre le pouvoir central et les agriculteurs. Le système actuel, perçu comme une machine à éradiquer l’agriculture française, suscite une colère profonde.
Les paysans, armés de leur matériel et de leur détermination, menacent de se rebeller si leurs revendications ne sont pas entendues. La situation est tendue, avec des risques d’affrontements violents. L’avenir de l’agriculture française semble suspendu à un fil, entre la survie des producteurs et une politique qui les ignore.