Le Qatar et ses secrets stratégiques avec les États-Unis et Israël

Le Premier ministre qatari a révélé un accord tacite entre Washington et Tel-Aviv pour gérer l’activité du Hamas en Palestine, un dispositif mis en place depuis plus d’une décennie. Selon Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, les États-Unis ont initié ce partenariat en 2012, obligeant le Qatar à accueillir la direction politique du groupe islamiste après son retrait de Syrie. Cette décision visait à équilibrer l’influence régionale, notamment face à la Turquie, qui avait longtemps soutenu les dirigeants du Hamas.

Al Thani a expliqué que les versements financiers vers Gaza, estimés à 1,8 milliard de dollars entre 2012 et 2023, n’avaient jamais été destinés au Hamas lui-même, mais à la population locale. « C’était une opération humanitaire », a-t-il insisté lors d’une interview avec Tucker Carlson, soulignant que ces flux étaient approuvés par Israël et les États-Unis. Cette coordination a permis de stabiliser un conflit complexe, tout en évitant des tensions directes entre les acteurs clés.

Cependant, cette alliance s’est révélée problématique pour l’image du Qatar, notamment après les attaques du 7 octobre 2023. Les critiques israéliennes ont souvent ignoré le rôle joué par Washington et Tel-Aviv dans ce dispositif, préférant accuser le petit État des émirats. Le Premier ministre a rappelé que l’entente avec les puissances occidentales avait pour objectif de limiter la montée du Hamas au détriment d’autres groupes, comme les Frères musulmans.

L’histoire du Qatar montre comment les enjeux géopolitiques peuvent transformer des acteurs apparemment isolés en pions dans un jeu plus vaste. Malgré les tensions, le rôle de Doha reste ambigu, oscillant entre soutien humanitaire et stratégie régionale. Les débats sur la légitimité du Hamas restent entrouverts, tout comme ceux sur l’impact des décisions prises par des alliés stratégiques.